Histoires d’oeuvres reçoit Charles Dantzig pour son dernier ouvrage “Théories de théories”.

Histoires d’oeuvres reçoit Charles Dantzig pour son dernier ouvrage “Théories de théories”.

19 septembre 2021 0 Par MMS
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Vendredi 1er octobre à 18h30, dans la grande galerie du Palais Fesch-musée des Beaux-Arts d’Ajaccio, l’écrivain Charles Dantzig sera l’invité d’Histoires d’œuvres, une production Racines de ciel. Avec Sandra Alfonsi, ils évoqueront notamment son dernier ouvrage, Théories de théories (Ed. Grasset). Une séance de dédicace organisée par la librairie La Marge fera suite à l’entretien.

L’auteur

Charles Dantzig naît à Tarbes en 1961. Après avoir étudié le droit et soutenu une thèse, il publie son premier essai, Remy de Gourmont, cher vieux daim !, ainsi que le recueil de poèmes Le Chauffeur est toujours seul. Il a alors 28 ans. Au sein de la maison d’édition Les Belles Lettres, il crée et dirige trois collections, publie les œuvres complètes de Marcel Schwob et plusieurs anthologies de la poésie, tout en poursuivant son travail d’écriture, attaché tout à la fois à l’essai, à la poésie et au roman.

Son premier roman justement, paraît en 1993. Un poète y devient président de la République et déclenche une guerre enfin au pouvoir. Huit ans plus tard est publié, chez Grasset, Nos vies hâtives, récompensé par le prix Roger-Nimier et le prix Jean-Freustié. Quatre romans lui feront encore suite jusqu’à Histoires de l’amour et de la haine, paru en 2015, où les sept personnages donnent leur point de vue sur le mariage entre personnes du même sexe.

Devenu éditeur chez Grasset, il dirige aussi la collection « Les Cahiers rouges » et en crée une autre, « Le Courage », accompagnée d’une revue du même nom, au sein de laquelle plusieurs auteurs traitent d’un même thème. Ce projet s’inscrit dans la lignée d’une tribune publiée en 2012 dans le journal Le Monde, où Charles Dantzig dénonçait l’apologie du réalisme social en littérature, privilégiant le fond au détriment de la vocation esthétique d’un texte qui devrait rester libre d’avoir la forme qu’il désire.

En 2005, Charles Dantzig écrit son Dictionnaire égoïste de la littérature française (prix Décembre et prix de l’essai de l’Académie française), véritable phénomène de librairie. En 2019, le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale lui fait suite, dans lequel il étaye, selon un ordre alphabétique, sa vision d’auteurs, d’œuvres et de personnages de fiction. Son dernier essai, Théories de théories, est publié en septembre 2021. Son œuvre est traduite en dix langues et auréolée de nombreux et prestigieux prix, comme le Grand Prix Paul-Morand et le Grand Prix Jean-Giono.

A propos de l’essai Théories de théories

« Comme certains de mes livres, Théories de théories est une tentative de classement au moyen d’une forme. Son titre s’explique par le double sens du mot « théorie », c’est-à-dire une proposition générale sur un sujet donné et une succession d’êtres ou de choses à la file. (Quand on dit : il y avait une théorie de chats, cela signifie que plusieurs chats se suivaient les uns derrière les autres.) Il se passe en une journée, à partir du moment où, levé, on s’habille (« théorie des beaux vêtements »), et s’achève à la fin du jour (« théorie du coucher du soleil »). Entre les deux, je propose des théories sur tout ce que l’on appelle la vie, ou du moins la vie comme je l’entends.

On y trouvera une théorie du désir, une théorie de l’amour, une théorie des ponts (si mal en point dans le monde de murs où nous vivons), une théorie des grandes vieilles actrices de théâtre, une théorie des mappemondes, une théorie du temps, une théorie de la couleur marron, une théorie du rire, une théorie du mot fin dans les livres, une théorie des odeurs, une théorie des fleurs coupées, une théorie de l’ombre et une théorie de la lumière, bien d’autres.

Ces théories, pour moi, ressemblent aux bâtons de métal qu’on nous faisait frotter en classe de physique pour attirer la limaille de fer. Elles rassemblent ce qui est épars, à la merci des coutumes, des idées reçues, des superstitions, de l’ignorance, et proposent des interprétations plausibles. Elles ne cherchent pas à être « vraies ». Théories de théories est, en quelque sorte, une boîte à outils.

Je dois ajouter que « théories » ne veut pas dire abstrait. Mes théories, qui sont parfois longues, parfois courtes, le plus souvent des essais, quelquefois des fictions, se fondent sur des observations, des faits historiques, les remarques des auteurs les plus divers de tous les temps et de tous les pays. Des expériences sensibles, aussi. C’est mon livre le plus intime. A la fin, j’espère qu’on en aura retiré une certaine conception du monde, suivant ce que l’on pourrait appeler une pensée moirée, à la façon de la moire du tissu, changeante et variée comme la vie. »

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