Pauvreté et impacts de la crise COVID dans les intercommunalités de Corse

Pauvreté et impacts de la crise COVID dans les intercommunalités de Corse

19 mai 2021 0 Par MMS
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La Collectivité de Corse et l’État ont confié à l’INSEE le soin d’analyser la pauvreté et ses caractéristiques au sein des 19 intercommunalités de Corse, et d’évaluer les premiers impacts socio-économiques de la crise sanitaire en cours. Cette analyse permet de disposer d’indicateurs fiables au service commun de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté de l’État et « di pianu di lotta contr’a precarità è a puvertà » de la Collectivité de Corse, afin d’être en capacité de mieux adapter la mobilisation des ressources publiques au niveau de chacun des territoires pour les publics les plus exposés.

Les dispositifs de soutien aux entreprises et aux ménages mis en place dès le début de la crise sanitaire, ont permis de prévenir une baisse importante et brutale de leurs ressources. Cependant, en mai 2020, un quart des résidents de l’île indiquent avoir vu leur revenu baisser à la suite du confinement de mars-avril et les premiers indicateurs disponibles montrent déjà une augmentation du nombre de bénéficiaires des minima sociaux.

5 profils d’intercommunalités selon leur exposition à la pauvreté et à la crise

La pauvreté est plus élevée en Corse qu’en moyenne métropolitaine et celle-ci touche davantage les retraités que les actifs de l’île. Les premiers représentent jusqu’à un pauvre sur deux dans certaines intercommunalités alors que la pauvreté des seconds est accentuée par la fréquence des bas salaires et dépend principalement du poids des secteurs où le temps de travail est faible. La crise économique liée à la pandémie déstabilise l’économie régionale : la baisse des heures rémunérées est plus forte qu’ailleurs, en lien avec la part des secteurs et métiers touristiques.
Une typologie des intercommunalités de Corse permet de mettre en évidence cinq profils en fonction du type de pauvreté et du degré de vulnérabilité à la crise. Les intercommunalités de Corse se distinguent ainsi par leurs niveaux et types de pauvreté, et par leur degré d’exposition aux conséquences économiques de la crise actuelle.

Une pauvreté élevée aux multiples profils territoriaux

La Corse est la région la plus pauvre de France métropolitaine avec 18,5 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Ce taux varie fortement entre les intercommunalités, celles de la plaine orientale et de Balagne étant les plus exposées.
Une des spécificités insulaires vient de la pauvreté des retraités qui est supérieure dans l’île à la pauvreté des actifs. Dans certaines intercommunalités rurales, ils sont même plus nombreux que les actifs pauvres. Ces derniers sont moins touchés dans les espaces urbains et péri-urbains et leur pauvreté découle essentiellement de leur faible temps
de travail, la moitié d’entre eux effectuant moins d’un tiers-temps annuel. Enfin, parmi les actifs, les indépendants sont particulièrement exposés à la pauvreté monétaire puisqu’un quart vit en situation de pauvreté.

Les conséquences de la crise plus marquées dans les intercommunalités à forte orientation touristique

La crise économique liée à la pandémie de la COVID-19 impacte différemment les territoires en fonction de la structure de leur population et de leurs emplois.
Plus d’un quart des résidents de l’île indiquent avoir vu leur revenu baisser à la suite du premier confinement. Si les EPCI ruraux sont globalement protégés par l’importance de leur population retraitée aux revenus épargnés, les espaces urbains et péri-urbains peuvent également connaître des effets moindres en raison de leur forte proportion d’emplois publics. Toutefois, la baisse des heures rémunérées par les entreprises est particulièrement marquée sur l’île : elle est deux fois supérieure à la moyenne nationale et atteint le quart de l’activité dans les EPCI les plus touristiques : Calvi-Balagne et Sud-Corse. En effet, hébergement et restauration et leurs principaux métiers, par nature « non télétravaillables », ont été à l’arrêt une grande partie de l’année.
Or, dans ces secteurs, près de la moitié des entrepreneurs et de leurs salariés, largement locaux, font partie des actifs à bas revenus. De plus, la dégradation du marché du travail à l’été 2020 a été forte dans ces espaces où l’activité saisonnière est particulièrement importante.

La totalité de l’enquête

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