“Ghjuventu Libera”: “Quand comptez vous partir, (préfet Lelarge) et ne jamais revenir ?”

“Ghjuventu Libera”: “Quand comptez vous partir, (préfet Lelarge) et ne jamais revenir ?”

20 février 2021 0 Par MMS
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Le groupe de jeunes indépendantistes de Corsica Libera,  Ghjuventu Libera, a organisé un rassemblement samedi, devant la préfecture de Haute-Corse à Bastia.  Jean-Guy Talamoni, François Sargentini, Eric Simoni, s’étaient joints au rassemblement.

Les jeunes indépendantistes, ont avancé leurs revendications quant au statut de résident, la coofficialité de la langue corse, le statut des prisonniers politiques corses.

Soulevant le déni de démocratie que subit actuellement la Corse, Ghjuventu Libera, a demandé le départ de Corse du Préfet Pascal Lelarge, qui se pose en « gouverneur », imposant sa “politique de fermeture” qui entrave l’action de la majorité territoriale.

Le discours lu par Ghjiseppu-Maria Verdi, porte-parole de Ghjuventù Libera

Depuis l’accession d’une majorité nationaliste sous la bannière Pè a Corsica aux responsabilités à l’assemblée de Corse, notre jeunesse avait espoir qu’enfin, nous allions avancer sur la voie de l’émancipation.
 
C’était sans compter sur l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, jeune français issus des milieux financiers, n’ayant aucune connaissance de la question Corse ou même d’intérêt pour celle-ci. Ce manque d’intérêt et de compréhension, a fait qu’Emmanuel Macron a cru intelligent d’arriver sur notre terre comme au bon vieux temps des colonies, sortant ses plus beaux drapeaux tricolores, rabaissant nos élus, et niant la démocratie.
 
Les multiples provocations et insultes qui se sont multipliées à chacune de ses visites, de la fouille des élus, à la venue de Chevènement, sont volontaires et traduisent la volonté Macroniste : Pour l’état français, la Corse n’est qu’une région turbulente qu’il faut mettre au pas.
Nous tenons en ce sens à dire à Emmanuel Macron qu’il perd son temps, des plus durs que lui ont essayé, aucun n’a réussit. Alzeremu sempre u capu è feremu sempre fronte di pettu à u culunialisimu !
 
Nous sommes donc réunis aujourd’hui, après des mois de provocations de la part de l’état et de son préfet, après les violences policières et bavures en tout genre de ces dernières semaines.
Nous sommes réunis de manière symbolique devant une des nombreuses ambassades de France installées sur notre terre.
Nous initions aujourd’hui un cycle d’actions qui ne cessera qu’avec la prise en compte par l’état français et ses représentants en Corse du fait démocratique.
 
Nous avons voté pour un statut de résident, on nous a envoyé 5000 Français par an et notre île coulera bientôt sous le poids du béton faute de disposer des moyens législatifs nécessaires pour stopper cette bétonisation effrénée.
 
Nous avons voté pour la Coofficialité de la Langue Corse, l’État ferme des classes bilingues et s’attaque maintenant au Capes, en tentant par tous les moyens d’asseoir l’hégémonie de la langue françaises sur toutes les autres langues minoritaires.
 
Nous avons demandé un statut fiscal, qui aurait pu pendant cette crise nous permettre d’avoir des recettes nécessaires à faire face à la crise économique, encore une fois, on nous l’a refusé. Baccalà per Corsica.
 
Une majorité s’est exprimée pour une autonomie pleine et entière, en lieu et place de ce qui devait être une avancée majeure, nous avons eu un retour en arrière magistral avec la restauration des Gouverneurs.
 
Le peuple s’est aussi prononcé de nombreuses fois pour la libérations des prisonniers politiques, à la place, nous avons eu le FIJAIT, des condamnations, la répression, le maintien sous statut de DPS, et aucune libération.
 
Ce manque de respect de L’Etat est visible chaque jour, dans la cadre du plan de relance par exemple, l’assemblée de Corse a formulé des propositions qui ont toutes été balayées d’un revers de main par Emmanuel Macron. Sur 100 milliards d’euros, la Corse n’aurait droit qu’à 107 millions, alors même qu’elle totalise au moins près d’1,4 milliards d’euros de perte durant la crise. Si nous souhaitons avoir plus, il faut désormais aller se prosterner devant le gouverneur et demander l’aumône. Cette vision est aux antipodes de notre conception de l’avenir de notre pays.
 
Si ne more a nostra Lingua, smarisce u nostru populu, è ùn piantanu à so pulitica genucidaria !
 
Nous rappelons à l’état que s’il est décidé à rétablir le règne des gouverneurs coûte que coûte, qu’il veille au moins à nous envoyer des personnes qui comprennent mieux la situation politique de notre Pays que Monsieur Lelarge, cela nous évitera à tous de perdre du temps à faire sembler de discuter.
 
Pour conclure, nous exigeons que le gouvernement Français rappelle son préfet et reconnaisse le fait démocratique en appliquant les mesures pour lesquels les Corses se sont prononcés à une large majorité.
 
Tant que l’état ne donnera pas des gages concrets d’un réel changement de politique, nous serons mobilisés sur le terrain.
 
De manière symbolique mais déterminée, nous faisons nôtre la question posée dans le dernier communiqué de Corsica Libera :
“Quand comptez vous partir, et ne jamais revenir ?”
 
Più chè mai, A FRANCIA FORA !
 
Nous tenons à remercier toutes les forces politiques et associatives qui ont répondu à notre appel, l’ensemble de ceux qui se sont levé à nos côtés aujourd’hui, et leur donnons rendez vous très prochainement de nouveau sur le terrain.
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