Jean Dominici “Soyons Pragmatiques Et Efficaces, Evitons Les Postures Et Les Blocages, Allons Aux Négociations… “

Jean Dominici “Soyons Pragmatiques Et Efficaces, Evitons Les Postures Et Les Blocages, Allons Aux Négociations… “

13 janvier 2021 0 Par MMS
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Suite au courrier d’Emmanuel Macron adressé au président de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, dans lequel il écrit que les dispositifs mis en place par l’état (Plan France Relance) semblent suffisants, et qu’il n’est donc pas nécessaire de prendre en compte  les mesures du plan Salvezza votées à l’unanimité en novembre à l’assemblée de Corse, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Corse appelle les représentants de l’Etat et de la Collectivité de Corse à reprendre les négociations.

“Le Président de la CCI de Corse, Jean Dominici, appelle les représentants de l’Etat et de la Collectivité de Corse à s’asseoir à la table des négociations

Nous avons pris connaissance attentivement de la réponse du Président de la République au courrier du Président du Conseil Exécutif de Corse qui transmettait la délibération unanime de l’Assemblée de Corse du 27 novembre 2020 et proposait notamment l’ouverture d’une négociation entre l’Etat et la CdC destinée à mettre en place un plan de mesures de sauvegarde propres au tissu économique corse.
Selon nous et contrairement aux analyses, aux lectures plutôt, aussi hâtives que péremptoires, rapidement diffusées tant par les réseaux sociaux que par la presse, cette réponse n’est absolument pas une fin de non-recevoir.
Elle comporte certes, des appréciations que nous ne partageons résolument pas, notamment celles relatives aux indicateurs économiques qui traduiraient une situation en voie d’amélioration, ou encore celles qui indiquent que le fait de solliciter fortement les dispositifs d’aides doit s’entendre non pas comme la traduction de difficultés et de besoins particulièrement forts du territoire, mais uniquement comme une preuve de leur efficacité et de leur complétude…
De la même manière, si en ce début d’année, les tribunaux de commerce ne sont pas encombrés, ça n’est évidemment pas une preuve de bonne santé de notre économie, c’est bien grâce aux mesures de différés et à la souplesse actuelle des créanciers publics, en particulier l’URSSAF, qui pour l’instant et tout simplement assignent beaucoup moins que d’habitude, en raison de la crise.
Non, hélas et sans esprit polémique, la situation locale est très mauvaise, et la Corse est malheureusement la région française la plus impactée sur le plan économique par la pandémie comme l’a si bien décrit l’INSEE dans ses différentes publications et notes de conjoncture depuis le mois de mai
2020.
D’ailleurs, le taux de chômage en Corse, qui était en-dessous de la moyenne nationale en 2019, vient de repasser nettement au-dessus aux dernières publications, et cette dégradation plus forte que celle des autres régions confirme ainsi l’étendue des dégâts malgré l’importance et la qualité des mesures nationales déjà mises en place, ce que nous n’avons d’ailleurs cessé de saluer.
En dehors de ces divergences d’analyse et de constat, le long courrier du Président de la République indique également, et cette fois ci plutôt positivement, que le Gouvernement reste prêt, je cite, « à ajuster le soutien de l’Etat autant que possible et nécessaire », mais finalement et surtout, et c’est la conclusion de la réponse du Chef de l’Etat, que le Préfet de Corse a reçu mandat pour établir avec la Collectivité de Corse un cadre de négociation permettant, je cite à nouveau, « de prendre en compte la
spécificité des dispositifs de soutien économique mis en place sur l’Ile, et les utiliser de la façon la plus utile possible pour l’avenir de l’Ile».
Soit en substance : rien de moins que ce que nous avons demandé et que nous attendions.
Alors soyons pragmatiques et efficaces, évitons les postures et les blocages, allons aux négociations, reprenons les données et les constats, affinons les propositions de chacun, et dans un premier temps, négocions au mieux des possibilités qui nous sont accessibles… nous aurons probablement l’occasion, au bénéfice d’un dialogue franc et sans concession, mais d’un dialogue constructif, d’obtenir des pouvoirs publics nationaux et territoriaux les progrès et les avancées que les acteurs de terrain :
artisans, commerçants, chefs d’entreprise, producteurs… attendent… et méritent.
Soyons collectivement à la hauteur de ces rendez-vous et sortons par le haut de nos divergences, n’attendons plus …. asseyons-nous à la table des négociations.

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