Iwas Corsica : Eveiller Les Consciences, Libérer la Parole Dans Toute La Corse

Iwas Corsica : Eveiller Les Consciences, Libérer la Parole Dans Toute La Corse

5 juillet 2020 0 Par MMS
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Depuis quelques semaines la parole de victimes de violences sexuelles se libère. Bien plus encore, elles descendent dans la rue pour crier haut et fort leurs violences subies, le manque de reconnaissance  de leurs douleurs psychiques, et l’absence d’une réelle  écoute lors de leurs plaintes. A cela s’ajoute une île où l’omerta sur le sujet était jusque-là absolue, et  où tout le monde connais tout le monde…

Après une première manifestation à Bastia qui a réuni 300 personnes, Ajaccio a été dimanche le lieu choisi pour un second rassemblement public. Les chemins de fer de la Corse ont même fait partir à 14h00 de Bastia un train spécial à destination du rassemblement ajaccien  #IwasCorsica.

La manifestation d’Ajaccio  est partie du tribunal de grande instance d’Ajaccio, pour remonter le cours napoléon jusqu’à la préfecture de Corse. En tout, plus de 400 personnes, ont défilé avec  les associations féministes locales telles que Donne e Surelle («Femmes et sœurs»), la LDH, les institutionnels,  et ont accompagné ces jeunes filles qui criaient avec force: « Les agresseurs sont partout, même en Corse », «Protégeons nos filles, éduquons nos fils», « Affaires classées sans suite, police complice »…..

A l’issue du rassemblement, une délégation a été reçue en préfecture, pour réclamer une meilleure prise en charge des victimes par la police et la justice, davantage de sensibilisation, notamment en milieu scolaire, un renforcement de l’aide psychologique apportée aux victimes de violences sexuelles.  L’accent a été mis sur la formation des professeurs, des psychologues et des infirmiers en milieu scolaire, des représentants des services de police traitant ces affaires. D’ailleurs un séminaire pour informer, former et sensibiliser sera mis en place en septembre.

Une autre demande  de la délégation est la création d’une cellule de suivi systématique pour tous les auteurs de ces agressions, afin de prévenir les récidives. Actuellement seuls quelques-uns en bénéficient. Et enfin, la mise en place du Brevet de la non-violence (déjà proposé en 2017), sur le modèle du brevet de la sécurité routière.

“Nous avons rencontré un préfet très à l’écoute, auquel nous avons remis un dossier de témoignages et de plaintes déposées. Il nous a laissé ses coordonnées pour le tenir au courant des nouvelles plaintes et étudiera celles classées sans suite” a détaillée Anais Mattei.

Les premiers tweets  postés il y a quelques semaines avaient apporté la lumière sur l’histoire de ces jeunes filles, parfois devenu des femmes brisées par le silence, qui avaient subits attouchements, agressions sexuelles et  viols, par des garçons de leur entourage amical, au sein de leurs familles, ou d’un petit ami.

En tout ce sont 200 témoignages que le collectif Iwas a rassemblés, et 12 jeunes filles ont trouvé le courage de porter plainte contre leurs agresseurs.

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