Réélection  De Petru Antone Vesperini Mannarini Vice-Président A L’assemblée Des Jeunes

Réélection  De Petru Antone Vesperini Mannarini Vice-Président A L’assemblée Des Jeunes

3 juillet 2020 0 Par MMS
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Hier, Jeudi 2 Juin, Petru Antone Vesperini Mannarini, Vice-Président à l’assemblée des jeunes (Chambre consultative de l’assemblée de Corse), a été réélu dans ses fonctions. Jean Guy Talamoni en est le Président.

Voici l’intégralité de son discours d’ouverture :

« A ringrazavi Signore Présidente Signori Cunsiglieri di l’essecutivu Cari amichi Cari Culleghi

Avant toute chose, qu’il me soit permis devant cette Assemblée, de profiter de cette allocution afin de remercier l’ensemble des services de l’Assemblée de Corse d’avoir pu organiser cette session dans des conditions inédites, que nous connaissons tous malheureusement. Car si cette crise que nous traversons, pose un certain nombre de problématiques pour ne pas dire drames, il est heureux de constater que la démocratie  est toujours présente et survie qu’importe les obstacles.

 Aussi, je ne pouvais à aucun moment, omettre de rendre hommage d’une part à l’ensemble des personnes, femmes et hommes, touchés par cette maladie, l’ensemble de ces familles endeuillées par le drame et la perte de l’être aimé, d’un grand parent, d’une mère, d’un père, d’ami ou d’une connaissance. Car nous sommes conscients à quel point la vie aussi précieuse soit elle, est à ce point fragile. Il est important que cette présente Assemblée rende cet hommage à l’ensemble de ces personnes touchées. D’autre part, à notre tour, de saluer tous les acteurs qui auront permis la sauvegarde de nos valeurs, qui n’auront à aucun moment hésité à se mettre en première ligne pour assurer un service de santé, de secours, de continuité du service public, de distribution alimentaire et j’en oublie certainement. Car c’est dans des crises comparables à ce que nous connaissons que nous pouvons apprécier le véritable altruisme, sacrifice et don de soi. Aujourd’hui, chacun d’entre nous, devra apprendre à vivre avec cette menace. A anticiper. Gérer au mieux politiquement, socialement et économiquement les différentes crises sanitaires qui, à tout moment, ont la possibilité de tout basculer. De tout remettre en cause. Car si un certain nombre de personne arrive à se distinguer par des actes héroïques, le résultat n’est peut-être pas aussi bien.

 Je ne reviendrais pas sur la gestion de la crise qui aura montré certaine limite et notamment, car une fois n’est pas coutume, la capacité extraordinaire de l’Administration française à démontrer qu’elle est incapable de gérer la Corse. Incapable de prendre en compte nos spécificités. Incapable de proposer et de se servir de ses prérogatives pour protéger « ses administrés ». Incapable de savoir et de comprendre. Mais aujourd’hui, charge à nous, jeunes, élus, fonctionnaires, socio-professionnels, travailleurs, d’être les principaux acteurs pour construire notre politique et préserver notre peuple. Le peuple Corse. Car cette crise aura permis au moins une chose, une chose ! La division. L’opposition de notre peuple. Bloc contre bloc. Deux écoles qui s’affrontent. L’économie contre la santé. Le tourisme contre l’environnement. Le Social contre le développement. Comme si que tout n’était pas lié. Comme si que l’on été obligé de choisir un camp. Celui du bien ou celui du mal.

 

Car oui Il est important de rappeler les limites de notre économie. Les limites à solutionner les problèmes environnementaux. A identifier les tabous portés sur des mots tels que « partage des richesse » « développement » « création » « innovation économique » « Tourisme » Car voilà la réalité. Voilà ce qui nous opposes. Il faudra à un moment donné rentrer dans le débat du tourisme, c’est certain. Malheureusement cette session à l’organisation inédite ne pourra pas nous permettre de débattre sur ce sujet. Mais quelques chiffres pour vous dire et poser un constat que peut être beaucoup découvre mais qui existe depuis trop longtemps. Je ne vais trahir aucun secret en disant qu’en moyenne 50 000 familles corses dépendent du Tourisme, directement. Je ne trahirais aucun secret à affirmer que le tourisme est lié à une part considérable de notre PIB. Je ne trahirai aucun secret à dire que cette économie est basée sur seulement deux mois dans l’année. Deux mois ! Et je ne trahirais aucun secret à vous dire que cela engendre automatiquement des problèmes sociaux et économiques catastrophiques.

 Quand l’offre touristique est polluée par près 95 000 résidences secondaires et 30 000 appartements destinés à la location saisonnière. Quand une saisonnalité accès, je me répète, sur seulement 2 mois ne peut permettre à aucun moment à notre jeunesse à se projeter dans ces métiers, avec automatiquement l’arrivé de 18 000 saisonniers par été. Mais je ne voudrais pas vivre un drame économique où plusieurs centaines d’hôtels et restaurants devront être vendus à de riches étrangers à cause d’une politique basée sur le tout tourisme. Ce n’est absolument pas concevable.

Mais dans cette malheureuse histoire, sachez encore une fois qu’il n’y a, ni gentil, ni méchant. De telles oppositions n’ont pas de places au sein de notre nation. Au sein de notre pays que nous voulons construire ensemble. Je ne vais pas sortir des vieux éléments de langage  à savoir « se construire dans la paix et dans l’union ». Pour ma part tout ceci est acté. En revanche si une chose doit être reprise, c’est le rappel de nos fondamentaux, de notre stratégie globale. Le rappel de la nécessité à l’émancipation de notre peuple, du développement de notre très fragile économie, le devoir de mémoire à tous ces Corses morts pour la liberté, de 1769 à aujourd’hui.

Se rappeler que désormais en Corse, on ne vote plus l’Homme, on ne vote plus l’homme en Corse ! C’est fini ! Mais on vote la conviction. Cette conviction qui aura porté l’espoir de notre jeunesse. Cette conviction qui nous est propre. Cette conviction qui s’est concrétisée  par des victoires électorales lors des dernières municipales dans le but de vouloir lancer un ultime appel, la sauvegarde de notre peuple, l’élaboration d’une véritable politique d’innovation et de gestion et pour beaucoup cette volonté de rupture avec un ancien monde. Car notre ambition, et il est important de le rappeler, ce n’est pas de se battre pour des formations politiques, ce n’est pas de se déchirer pour des problèmes qui au final, nous jeunes Corses ne nous concernent en rien. On se bat pour un projet.

Un seul projet. La construction de notre pays. Un paese da fà. Voilà ce qui nous lie. Voilà ce qui fait de nous une jeunesse déterminée prête à en découdre avec les difficultés de la vie, avec cette capacité à résister face et contre tout obstacle, quel qu’il  soit. Je crois que notre seule ambition est d’arriver à cette Corse idéale. Car oui nous rêvons.

 Mais alors permettez-moi de rêver. Mais dans chaque rêve il existe une part de vérité. Et je ne pense pas être utopiste à m’imaginer que tout cela est et sera possible. Car notre détermination sera plus grande que chaque mur imposé. Si nous sommes présents dans cette Assemblée, dans différents syndicats étudiants, dans des associations, dans différents conseils municipaux tels que Vigianeddu, Santa Reparata, Portivechju et j’en passe ce n’est pas pour faire office de figuration ou satisfaire quelques caprices de vouloir mettre des jeunes en avant. Nous avons un projet, un projet qui consiste à marquer le début d’une Corse nouvelle. L’utopie est peut-être le mot employé pour nous décrire. Rêveur également comme je le disais. Mais je ne vois que du pragmatisme, du travail et de l’ambition de vivre libre de tous dogmes imposés et enfin, permettez-moi d’en conclure, de rentrer dans une nouvelle ère. »

Irène Ferrari / Porto-Vecchio

Video du discour

📝 [ Discorsu d’appertura ] Assemblea di a Giuventù 02/07/2020 Crise sanitaire, Tourisme et développement.🗣 « Car cette crise aura permis au moins une chose. La division. L’opposition de notre peuple. Bloc contre bloc, deux écoles qui s’affrontent.L’économie contre la santé. Le tourisme contre l’environnement. Le social contre le développement.Comme si que tout n’était pas lié. Comme si que l’on été obligé de choisir un camp. Celui du bien ou celui du mal. »Ghjuventù NaziunalistaGhjuventù Libera

Publiée par Petru-Antone Vesperini Mannarini sur Vendredi 3 juillet 2020
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