CGT Santé: Journée De Grève Et D’information Au CH De Bastia.

CGT Santé: Journée De Grève Et D’information Au CH De Bastia.

30 juin 2020 0 Par MMS
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Dans le cadre de la journée de grève du 30 juin 2020 relative au Segur de la santé, la CGT SANTE a organisé une conférence de presse à 14 heures dans le hall de l’hôpital de bastia. Cette journée a permis d’informer le personnel et les usagers sur les propositions d’Olivier Veran Ministre de la santé concernant la santé.

“Que Nous Prépare Véran ?”

100 000 hospitaliers qui ont exigé le 16 juin, devant le Ministère et devant les ARS :

►Augmentation des salaires maintenant. Dégel du point (+15%). 300€ en points pour tous.
►Des effectifs au statut dans l’Hôpital et en EHPAD. Mise en stage des contractuels (291 à Dieppe).
►Des lits. Annulation de toutes les fermetures et plan d’économies.

Que répond le Ministre de la Santé, Véran, qui depuis le 25 mai, multiplie les réunions, dans une conférence permanente, le « Ségur de la Santé » ?

Le 19 juin, au bout de 4 semaines de Ségur, le Ministre a transmis un texte aux fédérations syndicales : « Projet d’accord relatif aux personnels non médicaux ».
La CGT attire l’attention de chaque hospitalier sur des projets dangereux que contient ce texte :

Le Ministre aborde les rémunérations. Axe 1, § 1

Mais le Ministre décide d’écarter les 2 revendications majeures qui font l’unité de tous les hospitaliers depuis des mois.

Hausse du point d’indice.
Si les salaires sont si bas, si les hôpitaux peinent à recruter… c’est bien parce que le point indiciaire est gelé. Les hospitaliers Nous veulent au minimum que soit reconnue la perte de 15% le gel en 2010.

►L’attribution de 300€ pour tous en points sur le salaire de base.
Ecartant ces demandes, le Ministre invente un « complément de traitement indiciaire de xx points d’indice » pour chaque hospitalier.

Ce n’est pas une augmentation du salaire de base, ce n’est pas une prime, on ne sait si ça modifie le taux horaire, la conséquence sur la retraite est incertaine. Et, pour l’instant, ce n’est pas chiffré.

Le Ministre veut un nouveau régime indemnitaire. Axe 1, § 3.

Ce régime indemnitaire fusionnerait toutes les primes actuelles (à l’exception de l’indemnité de résidence, du supplément familial, des primes liés au temps de travail).
Les hospitaliers, avec la CGT, avec l’intersyndicale qui a appelé au 16 juin, n’ont jamais demandé à fusionner les primes dans un régime indemnitaire unique.

Que prépare Véran ?

Le Ministre affirme sa volonté de lier les primes à l’évaluation professionnelle annuelle qui se mettra en place en 2021 en supprimant la note.

Actuellement, l’essentiel des primes sont indépendantes de l’évaluation :

Prenons l’exemple d’une cadre de santé à l’indice 674. Elle touche 90€ de prime spécifique, 91,22€ de prime d’encadrement, 259,32€ pour les « 13 heures », soit 440,54€ chaque mois qui ne sont amputés ni par la maladie, ni par la note ou l’évaluation.
De même les fonctionnaires hospitaliers reçoivent la prime de service annuelle qui constitue de fait un 13ème mois. La note n’a que très peu d’influence dessus. L’évaluation ou l’appréciation ne la modifient en rien.
Nous n’avons jamais demandé ces primes Véran à la tête du client.

Le projet semble de remettre tout à plat en invoquant la « transparence ». Nous savons comment ça finit quand il est question de transparence et de remise à plat. On l’a vu avec les 35h : les acquis locaux (comme les fériés supplémentaires) ont disparu lors de la mise en place. Demain avec la mise en place du régime indemnitaire toutes les primes gagnées localement seront remises en cause.

Véran parle de « formation promotionnelle ». Axe 1, § 4.

Les hospitaliers demandent l’ouverture des écoles (IFSI ou autres) à de larges promotions préparant des recrutements qualifiés et statutaires. La prise en charge financière des études est nécessaire.

Véran n’en dit pas un mot mais veut imposer une carotte pour des glissements de tache en développant les IPA. Et surtout il écarte la notion de qualifications et de diplômes nationaux sanctionnant des études. Il les remplace par la validation tout au long de la vie des « compétences ». Cela ouvre la voie au favoritisme, à l’arbitraire, et présente un danger pour l’hospitalier comme pour le patient.

Véran veut modifier « l’environnement de travail ». Axe 2, § 1.

Les hospitaliers veulent le recrutement d’effectifs dans les Hôpitaux et les EHPAD, des remplacements pour avoir des plannings stables.
Le Ministre écarte cela, n’en parle même pas mais veut une « nouvelle organisation du travail », il veut encourager les heures supplémentaires, développer les « remplacements volontaires », il appelle à utiliser les « ressources internes ».
Bref il s’agit d’autoremplacement.

Véran parle de développer la « négociation dans les établissements ». Axe 2, § 3.

Est-ce qu’il s’agit de s’assurer que les protections nationales sont bien respectées. Par exemple le droit à 3 semaines de congés, l’interdiction de travailler plus de 44 heures sur 7 jours, l’interdiction de reprendre sans avoir eu au moins 11h de repos, l’interdiction de travailler 3 dimanche d’affilée… ?
Tout au contraire, le Ministre veut qu’un accord local majoritaire ait « une portée juridique ».
Cela veut dire qu’un accord local pourrait décider que l’on peut imposer le travail 3 dimanches de suite, que le repos entre 2 journées de travail ne serait que de 9h… etc

Véran parle d’intéressement collectif par service. Axe 2, § 4.

Si un service atteint ses objectifs, les agents seraient récompensés ? Il faudra sans doute faire la course à l’activité, faire rentrer de la T2A, fermer plus de lits, avoir moins de demandes en personnel.
Là encore c’est la division entre hospitaliers, entre services que le Ministre encourage.
C’est France Télécom à l’Hôpital… Comme s’il n’y avait pas déjà trop d’usure professionnelle parmi les collègues.

Derrière les trucages de Véran et son refus des revendications, il y a les fermetures maintenues tout comme les copermo

Il est impossible de pactiser avec Véran

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