L’entreprise Porto-Vecchaise “APA” Veut Imaginer Un Archipel Economique Méditerranéen

L’entreprise Porto-Vecchaise “APA” Veut Imaginer Un Archipel Economique Méditerranéen

27 mai 2020 0 Par MMS
Partagez cet article :

C’est l’idée de ce jeune chef d’entreprise  porto-vecchiais Jean-Gael Lalhou, qui a créé son entreprise « APA », tout juste avant le début du confinement.

Il nous explique en détails son projet cohérent et ambitieux  qui l’a conduit à cette création :

«  Il a toujours existé des échanges entre les deux îles, la Corse et la Sardaigne. Cependant malgré les dispositions du marché commun européen, beaucoup voient encore des barrières pour généraliser ces échanges, que cela soit le manque de connaissance du terrain, de la langue, des dispositions juridiques en droit commercial français, italien et européen, ainsi que des différentes réglementations. L’idée d’APA est de transcender ces entraves. Les PME n’ont pas souvent le temps, la trésorerie ou les connaissances nécessaires pour aller commercer avec les entreprises sardes, l’entreprise APA intervient à ce moment-là pour gérer et régler ces formalités.

 Apres plusieurs voyages en Sardaigne il a été facile de remarquer que cette île possède des infrastructures portuaires très importantes, des ports de commerce  équipés et d’une taille que nous n’aurons jamais en Corse, des industries et des manufactures que nous ne possédons pas. À côté de ça nous avons un pouvoir d’achat plus important que chez nos voisins et des capacités fantastiques, dans l’artisanat, en ressources humaines, de jeunes startups qui fleurissent dans les technologies numériques… Nous avons tout à gagner à entrevoir une symbiose économique entre nos deux îles.

 Isolée, la Corse est faible, elle a une démographie faible et une capacité de production limitée par un manque d’infrastructures, nous importons beaucoup de produits du continent qui nous coûtent chers. La Sardaigne de son côté, isolée, connaît aussi certains problèmes. Ensemble nous pouvons en régler une bonne partie, ou du moins bien les estomper. L’idée est de mutualiser nos capacités économiques et nos ressources humaines. Ensemble nous ne représenterons plus deux petites îles méditerranéennes soumises aux aléas des saisons estivales et des volontés gouvernementales italiennes et françaises. Ensemble nous seront un pôle économique, humain et culturel de 2 millions d’habitants en plein cœur de la méditerranée, situé entre trois grandes nations européennes qui sont l’Espagne, la France et l’Italie. Nous pouvons être un tampon des échanges entre ces trois pays. L’idée c’est de ne plus voir deux îles à part quand on nous regarde sur une carte mais plutôt un “archipel méditerranéen”. On appelle bien archipel des territoires insulaires où les différentes îles le composant sont séparées de centaines de kilomètres. Nous, seulement 12 km nous séparent. »

La Crise Du Covid-19 Et Le Monde D’après 

« La crise du Covid-19 nous a bien démontré les limites de la mondialisation sauvage et de la globalisation. Les pays européens se sont retrouvés en pénurie de masques, de gel hydro-alcoolique, de médicaments que la Chine exportait. L’Europe était trop dépendante d’autres pays. Aujourd’hui on parle enfin sérieusement de re-localiser les productions. De cette terrible crise nous devons en tirer les conséquences et proposer du nouveau. Nous, en Corse sommes séparés de 160 km du continent, il est temps de penser à une économie circulaire et aux circuits courts. Non seulement cela nous coûtera moins cher de commercer avec nos voisins mais en plus cela sera sans contexte plus écologique: calculez la différence d’impact carbone entre des produits importés à 12km de distance et ceux importés à 160km…

L’idée n’est ni nouvelle ni révolutionnaire. Toutes les autres régions frontalières de France ont su tirer avantage de la construction européenne: les principaux partenaires économiques de la côte d’Azur sont la Lombardie et le reste du nord de l’Italie. L’Allemagne pour l’Alsace et le grand est. L’Espagne pour le Sud-Ouest, l’Angleterre, la Belgique et les Pays Bas pour le Nord de la France. Pourquoi notre principal partenaire pour la Corse ne serait-il pas la Sardaigne? Après, il ne s’agit pas de faire concurrence aux marchés existants et de ne plus commercer avec le continent mais juste de rajouter un nouveau marché qui peut très bien coexister. Et voir même enrichir déjà l’existant. »

 Les Services Proposés Par L’entreprise 

« Du consulting principalement. Analyser la rentabilité pour un client d’exporter, d’importer ou de s’implanter sur le marché. Du courtage d’affaire, dans la mesure où nous pouvons, à la demande d’une entreprise corse ou sardes, lui trouver de nouveaux clients ou fournisseurs, le recrutement en ressources humaines, des profils types d’employés recherchés dans divers domaines (tourisme, restauration, hôtellerie, mais aussi pour les jeunes universitaires diplômés à la recherche de postes de cadres voulant bouger un peu sans trop s’éloigner de son île mère. Ce qui peut être une aventure enrichissante qui, à terme, renforcera encore plus les liens entre les deux îles. »

Principaux Problèmes 

« La situation actuelle, et l’incertitude du lendemain due à cette crise. Personne ne sait encore à « quelle sauce » il sera mangé dans les mois qui viennent. Tout le monde est impacté par cette crise mais tout cela aura bien une fin.

Une fois la situation revenue à la normale, on retournera au problème principal qui est celui des transports. Les rotations entre Santa Teresa di Gallura et Bonifacio sont indispensables et elles doivent perdurer, et même optimisées. Par contre cela n’est pas suffisant. Les Bouches de Bonifacio sont capricieuses et les ferries ne sont pas adaptés pour faire les traversées en période de grand vent. Il faudra penser à des rotations avec des navires cargos plus massifs, entre des ports de commerces plus grands qui éviteront les bouches. Pourquoi pas des rotations Ajaccio-Porto-Torre, ou Porto Vecchio-Golfo Arancia-Olbia, comme cela existe déjà mais de manière plus régulière et à l’année. Et pourquoi pas même des vols internes entre les aéroports corses et ceux de Sardaigne. Ce qui nous rapprocherait de Cagliari, la capitale sarde. Nous possédons notre compagnie aérienne et la Sardaigne non, mais ils en parlent. C’est aussi  à creuser.

En conclusion on a toujours vu l’insularité comme un handicap au développement. Je pense que LES insularités sont par contre une force. Une force qui ne peut que nous hisser vers le haut. »

Contact : apa.isula@oulook.com

Partagez cet article :