Intersyndicale 2A: “Le 1er Mai, Soyons Visibles, Solidaires, Et Déterminés.

Intersyndicale 2A: “Le 1er Mai, Soyons Visibles, Solidaires, Et Déterminés.

29 avril 2020 0 Par MMS
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Alors que l’Etat n’a pas fait suivre la reconnaisance des travailleurs de première ligne pendant l’épidémie de Covid-19, l’intersyndicale estime “qu’il faut faire changer les choses.
Tout comme il faut aussi veiller à ce que la reprise de la vie sociale et donc du travail se fasse dans une absolue sécurité sanitaire de tous, “La santé, la sécurité, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !!”
Quand au dé-confinement annoncé à partir du 11 mai, en lien avec la volonté d’une reprise de l’activité économique, il devra se réaliser avec des  tests de dépistages généralisés, le matériel de protections diffusé en nombre et gratuitement pour ne pas “revenir au même point qu’à l’arrivée du virus“.
L’intersyndicale demande aussi l’abrogation des ordonnances de la loi d’Etat d’Urgence (semaines à 60 heures de travail, perte des congés, des jours de repos, travail dominical étendu, abus sur le télétravail) “qui ne sont pas légitimes et doivent être abrogées, dans un pays qui compte de 5 à 6 millions de chômeurs !

Le tract

Alors que le monde entier fait face à la pandémie, ce 1er mai sera plus que jamais la journée internationale de luttes des travailleuses et travailleurs.
Depuis le début de la crise sanitaire, des millions de personnes sont confinées. De nombreux pays vivent grâce aux oublié-es, aux invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie.
Évidemment ce sont d’abord l’ensemble des personnels de santé qui n’ont pas comptées leurs heures, leur dévouement. Ensuite il y a tous les salarié-es, souvent des femmes, du commerce, de l’agro-alimentaire, du paramédical, du social, du nettoiement…, ainsi que tous-tes ces agent-es de la fonction publique qui ont continué d’assurer leurs missions de service publics, et plus largement ceux et celles qui travaillent au service de la population.
Les paroles de reconnaissance des gouvernements n’ont pas été suivies d’actes forts. Les mots sont évidemment insuffisants pour exprimer notre colère, et notre détermination à faire changer les choses.
Nous porterons ce 1er mai 2020, bien que confiné-es, les revendications qui sont plus que jamais d’actualité :
Si la « reprise » de la vie sociale, dont le travail fait partie, est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous, (alors que pour d’autres l’objectif est de remettre leurs profits à l’ordre du jour), cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité sanitaire de chacun, chacune, ainsi que celle de ses enfants. La santé, la sécurité, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !!
Car sacrifier la santé et les droits des travailleurs-ses, n’est pas admissible :
Le dé-confinement annoncé à partir du 11 mai, intégrant toutes les pressions pour une reprise de l’activité économique, ne peut être accepté sans tests de dépistages généralisés et matériels de protections nécessaires et diffusés gratuitement au sein des entreprises, des Collectivités Territoriales er des Ministères à tous les employés et agent-es (masques homologués, gants, gels hydro-alcooliques…) sinon nous en serons presque au même point qu’à l’arrivée du virus !
Les ordonnances de la loi d’Etat d’Urgence permettant d’imposer des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu, les abus sur le télétravail, ne sont pas légitimes et doivent être abrogées, dans un pays qui compte de 5 à 6 millions de chômeurs !
Ce n’est pas une prime donnée au bon vouloir du patron, ou de l’employeur public, une aide ponctuelle aux plus modestes qui suffiront aux travailleurs-euses : ce sont de vraies revalorisations salariales du SMIC et des salaires en particulier dans les conventions collectives où ils sont les plus bas, tout comme dans la fonction publique !
Sacrifier les plus précaires d’entre nous n’est pas admissible dans une société d’égalité et de solidarité :
Vacataires, intérimaires, intermittents, saisonniers, la précarisation des travailleurs s’est multipliée ces dernières années, et la situation des privés d’emplois et étudiants a été dégradée, sur le plan sanitaire comme social.
Elles et ils payent le prix fort de la situation, et les inégalités sociales explosent. Le manque d’investissement et de personnel au niveau de la santé, la réforme de l’assurance chômage, le projet de réforme de la retraite pas points, mettent à mal la protection sociale, laquelle est un socle protecteur.
De plus, le développement des services publics est nécessaire et indispensable pour assurer l’égalité et répondre aux besoins de la population. De nombreuses aides sont prévues pour les entreprises, alors que pour ceux et celles qui sont dans les situations difficiles, elles restent mineures.
La situation économique et sociale va continuer à s’aggraver ! Le chômage partiel baissant de fait ainsi que le pouvoir d’achat vont mettre des millions de travailleuses et travailleurs en grande difficulté, il sera nécessaire de
revaloriser l’ensemble des salaires.
Cette situation inédite, qui peut malheureusement perdurer et/ou continuer, a remis en lumière l’essentiel : Un hôpital et un système de santé publique avec de vrais moyens humains, matériels, financiers, un système de  protection sociale large tout au long de la vie, des services publics qui ne sont pas sacrifiés par des politiques de restructurations/privatisations, suppressions au bénéfice des appétits de ceux qui prospèrent dans ce système capitaliste, de moins en moins à visage humain !
Par ailleurs, cette crise sanitaire a dévoilé la spoliation industrielle induite par la mondialisation libérale de l’économie. En effet, des secteurs essentiels de l’industrie dévoilent la dépendance de nombreux pays à une
production industrielle apatride à bas coût dont le seul intérêt n’est pas l’humain mais davantage de profit pour quelques-uns.
Le 1er mai doit permettre à chacun et chacune de s’emparer de ces revendications, et par tous les moyens de les rendre visibles.
Il n’est pas acceptable que l’austérité et les logiques comptables imposées par les gouvernements successifs, soient supportées par les travailleuses et travailleurs au sortir de cette crise. Il serait particulièrement indécent
qu’en même temps des fortunes privées profitent de l’épidémie dans certains secteurs.
Même confiné-es restons vigilants (es) et investis (es) pour défendre les intérêts des travailleuses et travailleurs pour une véritable force collective, et se préparer pour la suite !

Le 1er mai, soyons visibles, solidaires, et déterminés.

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