Covid-19: “Des Gens Meurent Ce N’est Pas Un Jeu” Le Cri de Petru-Antone Vesperini Jeune Pompier.  

Covid-19: “Des Gens Meurent Ce N’est Pas Un Jeu” Le Cri de Petru-Antone Vesperini Jeune Pompier.  

28 mars 2020 0 Par MMS
Partagez cet article :

Ce témoignage exprime l’angoisse de tous, mais surtout des soignants, des pompiers et de toutes les personnes dites “en première ligne”. “Sauvez des vies, restez chez-vous” ne semble pas avoir le même impact chez tout le monde.

Témoignage de Petru-Antone Vesperini  Vice Président à l’Assemblea di a Giuventù di a Corsica, Pompier depuis 9 ans.

« Je me suis réveillé à 7h/7h30, comme d’habitude quand on est de garde. Rien d’exceptionnel aujourd’hui. On se lève, on se prépare, café, on lit le journal. Ce qui change en revanche c’est notre façon de fonctionner au Centre de secours. Distance de sécurité, gestes barrières, nous lavons notre tasse à café deux fois avant de l’utiliser, on désinfecte tout à la javel après notre passage. Sinon tout est comme à son habitude. Rien ne change.

On commence de suite notre boulot. On prend en compte nos véhicules, on vérifie que tout marche, que rien ne manque. Une attention toute particulière à nos ambulances. Parce que ça représente 80% de nos interventions, mais aussi parce qu’il y a un virus qui traîne dans les parages. Il paraît qu’il est mauvais. Donc on désinfecte. Encore et encore. On parle entre nous, on s’imagine des scenarii pour être prêt à intervenir en cas de sauvetage d’une victime atteinte du virus. On est prêt. Une multitude de notes de service pour nous informer, nous sécuriser, nous rassurer et enfin nous permettre de bien faire le job. Pour ça et beaucoup d’autre chose, le SDIS 2A ( page officielle ) assure.
Nous finissons nos tâches quotidiennes du matin. Petite pause, pourquoi pas un café.

Pourtant l’alarme sonne. Intervention.
La fiche sort : Secours à Personne, suspicion COVID-19. On est prêt. On connaît la procédure. On arrive sur les lieux. On fait le boulot. Rien à dire. On transporte la victime, on la rassure. Direction les Urgences de Portivechju.

Je jette un coup d’œil par la fenêtre. Par curiosité. On est en confinement, je m’attends à ce que la route soit déserte. J’entends que le conducteur de l’ambulance utilise le 2 tons. Je regarde. Beaucoup de voiture. Ça va ça vient. D’un côté comme de l’autre. Des voitures à perte de vue. Des fois même à trois, voire quatre par véhicule… Il est 10h, des gens qui marchent sur le trottoir. Comme d’habitude en fait. Rien ne change. Du monde à la boulangerie. Un groupe de six personnes devant la boutique en train de parler. Comme la vie devrait être. Je regarde la victime sur le brancard. Elle a du mal à respirer. Elle a peur. Et pourtant me confie qu’elle n’a pas respecté le confinement.

Ce n’est pas pour me plaindre. Loin de là. Je continue à faire mon taf quoiqu’il arrive. Mais je m’interroge. Pourquoi continuer à faire comme si rien ne se passe. Des gens meurent. Et beaucoup vont suivre.

Ne faite pas n’importe quoi. Ce n’est pas un jeu. »

Partagez cet article :