Raphaëlle Duroselle Expose Au Centre Culturel Una Volta

Raphaëlle Duroselle Expose Au Centre Culturel Una Volta

5 février 2020 0 Par MMS
Partagez cet article :

Jeudi 6 février à 19h le centre Culturel Una Volta inaugure l’exposition photo de Raphaëlle Duroselle «  Dos au mur: enfermement en prison ouverte ». Une rencontre-discussion aura lieu en présence de l’artiste ainsi que de Laura Abrani, directrice du centre de détention de Casablanca et d’André Giudicelli, directeur de l’équipe méditerranéenne de recherche juridique. La discussion est animée par Pierre Negrel, journaliste.

Inauguration Et Rencontre-Discussion Jeudi 6 Février 2020 A 19h
Exposition Du 6 Au 21 Février 2020

Discussion animée par Pierre Negrel, journaliste autour du thème des prisons ouvertes avec Raphaëlle Duroselle, journaliste et photographe, André Giudicelli, Professeur de droit privé et sciences criminelles, Directeur du Laboratoire Équipe Méditerranéenne de Recherche Juridique et Laura Abrani, Directrice du centre pénitentiaire de Casabianda.
Photographe plasticienne, Raphaëlle Duroselle est également journaliste. Ce photoreportage plastique témoigne de sa rencontre avec les détenus de prisons ouvertes en Finlande (prisons de Ojoinen et de Vanaja) et en France (Centre de détention de Casabianda, Haute-Corse).

L’exposition « Dos au mur : l’enfermement en prison ouverte » organisée au centre culturel UNA VOLTA marque le lancement de ce projet de recherche. Nul doute que la conjonction des approches scienti­fiques et artistiques apportera un nouvel éclairage sur l’oxymore « prison ouverte ».

« J’ai choisi de réaliser ce travail en écho à l’actualité qui concerne nos prisons en France depuis plus d’un an. Je me suis intéressée à la fois au système « expérimental » de la prison ouverte de Casabianda en Haute-Corse, mais aussi au système ­néerlandais car la politique de ce gouvernement est réellement tournée vers la réinsertion et non la punition.
Je suis allée à la rencontre de ces détenus, à qui on offre une vraie seconde chance. Je les ai écoutés et je les ai observés vivre dans ces espaces ouverts où quasiment rien ne leur rappelle la prison ; l’enfermement et la liberté se défi­ent à chaque instant.
Les photos questionnent la notion de libre arbitre.
Dans les prisons ouvertes de Vanaja et d’Ojoinen en Finlande, les détenus connaissent une liberté toute relative, où les murs et les barreaux n’existent que dans leur tête. Dans ces centres de détention, aucune démarcation visible, seule la raison détermine les contours et pose ainsi la question de ce qui motive le jugement de quelqu’un. Où commence et où s’arrête la ligne imaginaire qui dé­finit l’espace carcéral de chacun ?
Pour mettre en image ce concept de démarcation virtuelle entre liberté et détention, j’ai pris le parti au moment des prises de vues extérieures de photographier ces prisonniers à travers un fi­ltre plastique, a­fin de montrer l’existence de ces limites intellectuelles en prison ouverte. »
Raphaëlle Duroselle

« Accepter d’exécuter sa peine à Casabianda, y rester malgré la possibilité de s’en échapper, c’est avoir fait le chemin qui consiste à accepter son passage à l’acte, comprendre sa condamnation, c’est  accepter de tenter de donner du sens à sa peine.
Y exercer invite chaque personnel à interroger ses pratiques professionnelles et le sens de sa mission. Casabianda est ainsi riche, non seulement de sa valeur esthétique, mais également du projet porté par ses personnels.
Pour le faire vivre et évoluer, nous avons fait le choix de nous ouvrir aux autres. C’est ainsi naturellement que nous avons adhéré au projet d’étude dont André Giudicelli est l’initiateur et avons accepté de livrer le quotidien peu ordinaire de notre détention à Raphaëlle Duroselle. »
Laura Abrani, Chef d’établissement du Centre de détention de Casabianda

« Les photographies de Raphaëlle Duroselle se révèlent être une source de réflexion et d’inspiration. Ce qu’elles nous montrent de la prison pour femmes de Vanaja, de l’établissement pour hommes d’Ojoinen et globalement de l’expérience ­finlandaise, dessine la possibilité d’un autre chemin. A l’heure où de nouveaux établissements pénitentiaires devraient être construits en France, en application de la loi du 23 mars 2019 de programmation et de réforme pour la justice, le modèle de Casabianda, loin d’être un résidu du passé, peut servir de point de départ à une réflexion sur l’avenir des prisons françaises, sur leur diversi­fication, et sur la manière de concevoir le parcours d’exécution de la peine. »
André Giudicelli, Directeur de l’Équipe méditerranéenne de recherche juridique.

Arcades du Théâtre
Rue César Campinchi
20200 Bastia
T/: +33 (0)4 95 32 12 81 / +33 (0)6 23 33 45 47
Partagez cet article :