Danièle Maoudj Signe « ECHARDES » Dans La Librairie « ALBUM »  A Bastia

Danièle Maoudj Signe « ECHARDES » Dans La Librairie « ALBUM » A Bastia

3 décembre 2019 0 Par MJS
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Ce livre est bien plus qu’une réédition d´un premier recueil publié en Algérie en 2102 sous un titre semblable. Danièle Maoudj nous fait le cadeau d’un texte totalement remanié, enrichi de poèmes inédits, nés de circonstances historiques différentes et d’expériences personnelles plus ou moins heureuses qui ont enrichi son point de vue et son inspiration depuis la première édition.

L’originalité de la version publiée aujourd’hui est de présenter un mélange de textes en prose et de poèmes qui ne sont pas un montage artificiel ou hybride mais une composition en écho. Ce qui crée de véritables correspondances, au sens poétique, du terme entre les deux discours.

La lecture de ces textes, remplis à la fois d’amour pour ces deux patries indissociables et de révoltes face aux injustices de l’Histoire, nous fait comprendre très vite le sens énigmatique du titre. Les échardes, au sens premier du terme, sont des petits corps étrangers pointus insérés accidentellement dans la peau, des petits éclats de bois enfoncés dans la main. C’est exactement ce qu’expriment, ou plutôt ce que chantent ces poèmes.

Les brumes de l´Histoire, la violence des guerres coloniales et, plus récemment, celle des intégristes, le sort injuste fait à son grand-père ou à son père, dans la société coloniale, le racisme dont fut victime l’auteure enfant à Paris, les Révolutions arabes, le sort de la Palestine, sont autant d´’échardes que Danièle Maoudj reçoit au plus profond dans son corps. Autant de blessures qu’elle exprime dans des lettres à ses parents ou qu’elle communique par des confessions rédigées pas son grand père, intitulées Mes hérésies et qu’elle a retrouvées par hasard.

 Danièle Maoudj se sent investie d’un devoir de transmission familiale et au-delà. Elle cherche à comprendre ce grand-père Mohamed Ben Said Maoudj, lui aussi pris entre deux cultures et sa mère corse qui au lieu de lui donner le prénom prévu de Malika choisit de l’appeler Danièle en hommage à l’actrice française Danielle Darrieux, à la demande de son beau-père kabyle séduit par l’actrice. Bien entendu, Danièle Maoudj devenue adulte, refuse de séparer les uns des autres et trouve la paix dans la reconstitution de cette généalogie fantôme, selon ses propres mots.

C’est aussi un livre qui chante l’amour de l’autre, en général, ou dans le rapport amoureux, un autre jamais nommé précisément mais interpellé avec ferveur. Comme le prouvent ces vers, extraits du poème « A chaque printemps »

Ce n’est pas la poésie d’une rêveuse désuète mais celle d’une authentique poétesse, héritière d’histoires multiples dont la voix nous interpelle, nous secoue mais nous enchante par sa ferveur. Poésie de réparation, poésie vitale, poésie de combat.

Jean-Pierre CASTELLANI

Danièle Maoudj signe « ECHARDES » dans la librairie « ALBUM »  à Bastia ce samedi 7 décembre, à partir de 16h

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