“Pà Aiacciu”: Parking Campinchi et PLU Au Coeur De Ce Début De Campagne.

“Pà Aiacciu”: Parking Campinchi et PLU Au Coeur De Ce Début De Campagne.

23 novembre 2019 0 Par MMS
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« Pà Aiacciu » a tenu une conférence de presse samedi matin sur la place Campinchi à Ajaccio. Deux sujets développés par  Jean-François Casalta et Vannina Angelini Buresi: « Le scandale de l’abandon du parking Campinchi et ses conséquences pour la ville », et le PLU qui sera présenté et voté lundi prochain lors du conseil municipal.

« Un retour sur une actualité passée, l’abandon de la construction du parking Campinchi, mais dont les conséquences financières se font ressentir aujourd’hui » commente Jean-François Casalta qui entame la genèse du projet.
Le parking souterrain Campinchi (678 places), projet de la mandature Renucci a fait l’objet d’un marché de délégation de service public le 6 décembre 2011 avec QPARK pour un coût de  22 672 000 €, et une participation de la Ville à hauteur de 50 %.  « Avec la bénédiction de M. Laurent Marcangeli alors conseiller municipal d’opposition » soulignera le candidat aux municipales 2020.

Lors de la campagne de mars 2014, le futur maire d’Ajaccio décidait d’abandonner le chantier pour deux raisons principales : la mauvaise affaire que faisait la ville au plan financier et la volonté de sauver les quais napoléoniens découverts à l’occasion des fouilles. « Prétexte tout au plus pour s’opposer au projet phare de la seconde mandature de Monsieur Simon Renucci. On constate aujourd’hui que ces ouvrages datant de Napoléon 1er et Napoléon III son au deux tiers recouverts par le béton.Une décision qui a eu un coût pour la ville, mais aussi pour l’activité en centre-ville.”

Le coût de l’abandon du projet du parking Campinchi
Jean François Casalta détaille alors le coût de l’abandon du parking Campinchi :

-Une somme de 13 195 000 € a été versée à la société Q-Park détaillée comme suit:
875 000 € le 1er février 2012 (compte administratif stationnement 2012)
4 million d’euros à l’entame des travaux (compte administratif stationnement 2013)
7 020 000 € versé 6 mois après (compte administratif stationnement 2014)
1 300 000 € à titre de clause pénale payable sur trois exercices après négociation avec Q-Park (délibération du conseil municipal du 27 juin 2016)

-Des intérêts d’emprunt : sur les 12 195 000 € empruntés à la Caisse d’Epargne et à la Banque Populaire (en 2012-2013 et 2014) et versés à QPARK,  la ville paye une somme avoisinant les 5 500 000 € d’intérêts sur la durée des emprunts (environ 15 ans)

-La préparation du site et les fouilles suite à la mise à jour des quais Napoléon 1er et Napoléon III : environ 1,7 million d’euros.

-indemnisation des commerçants impactés par les travaux : environ 700 000 €.

« De surcroît le choix de l’abandon du parking Campinchi n’est pas neutre du point de vue économique et social soit 21 095 000 €. 21 million d’euros pour rien auquel on pourrait rajouter l’aménagement de la place, 5,5 millions d’euros. »

Les conséquences économiques et sociales pour la ville d’Ajaccio
Une ville en état de mort clinique commentera le candidat de « Pà Aiacciu », « Près de 30 commerces fermés dans l’hypercentre de la ville, sans compter ceux de la galerie napoléon.  Ce parking eut été un véritable ballon d’oxygène pour la ville et qui aurait pu faire mieux vivre les habitants et le commerce.  Les gens auraient pu circuler, stationner, se garer… Ce seul dossier devrait disqualifier aux yeux des ajacciens et des ajacciennes monsieur Laurent Marcangeli et l’équipe municipale actuelleLe parking prévu de 678 places aurait pu apporter une vraie solution…Nous nous retrouvons aujourd’hui exactement dans la même situation qu’en novembre 2011 à la différence que chaque contribuable ajaccien a  déboursé environ 300 € pour un parking qui n’existe pas. Aucun autre projet de parking n’a été envisagé ni proposé alors qu’il s’agit d’une des clés de la revitalisation du cœur de ville et de la relance de son activité commerciale. »

“Ajaccio le Mouvement” répond la veille sur sa page Facebook aux questionnement de “Pà A Aiacciu”
Jean-François Casalta est revenu sur la teneur d’un post du compte Facebook d’Ajaccio Le Mouvement (https://www.facebook.com/AjaccioLM/) adressé à « Pà Aiacciu » en amont de la conférence de presse de ce matin :

« On veut juste vous rappeler que QPark, fonds de pensions hollandais, allait coûter 36 millions d’euros à la ville. Sachant qu’on aurait pu espérer percevoir un début d’un commencement de recette en fin de contrat, soit 35 ans après… ».
« Faux ! rétorquera le candidat de « Pà Aiacciu », qui produit le document de délégation de service public  dans lequel est inscrit l’article 38 qui détaille ce que QPARK aurait dû payer à Ajaccio :

« Combien les Ajacciens ont-ils payé pour rien ? Les impôts n’ont pas augmenté. »
« Faux là aussi !, le taux des impôts fonciers ont augmentés de 1,40% en 2015 et instauration de taxes foncières CAPA en 2017 de 1,50%ui a couté 1,2 millions d’euros aux Ajacciens.
Un texte truffé d’erreurs et de contre-vérités. » affirme t-il.

Pour Jean-François Casalta il s’agit d’un désastre fiancier, économique et social, reflet de l’absence de vision globale et stratégique de l’évolution d’Ajaccio à moyen et long terme, soulignant que le Maire et son équipe se contente pour tout projet structurant, de vagues engagements jamais respectés.

Vannina Angelini Buresi : « Le PLU ne doit pas être voté en conseil municipale lundi. »
« Pendant des années nous avons affirmé que notre terre n’était pas à vendre, et qui fallait la protéger des appétits féroces et du grand banditisme. J’avais déjà écrit et posé une question dans le cadre de l’assemblée de Corse à Mme la Préfète, pour un contrôle au service de notre environnement et du respect des ESA, mais apparemment elle n‘en a pas tenu compte.” Un modèle de société qui ne correspond pas à la philosophie de développement du groupe et à ses objectifs, et à cause duquel la jeunesse ne peut s’inscrire dans un processus de construction puisque la promotion de l’argent facile est roi.

Il ressort du rapport de la commission d’enquête publique plusieurs points de ce PLU qui sera débattu et voté lundi en conseil municipal que nous qualifieront de critique, tant ils laissent peser une incertitude sur ce PLU…

Concernant les ESA la commission indique et je cite « nous estimons que la représentation des ESA  est véritablement le point faible de ce dossier, et même si nous avons noté la difficulté pour la commune de réaliser ce travail, les ESA correspondent à 20% de la superficie totale de la commune, il semble que des modifications doivent être effectuées avant le passage du dossier en conseil municipal pour approbation. » Or à notre connaissance aucune modification n’a été effectuée  par la municipalité.

Toujours concernant les ESA, le PADDUC caractérise  ce que doit être un espace stratégique agricole : un espace à forte potentialité agricole avec une pente inférieure ou égale à 15% mécanisable, ou irrigable. Il a vocation à permettre l’indépendance alimentaire de la Corse en 2050, même si on nous rétorquera que leur cartographie a été annulée le 24 mai dernier par la cour administrative d’appel  de Marseille. Nous dirons que d’une part la révision de cette cartographie est en cours par l’agence de l’urbanisme, et que d’autre part cette annulation n’a pas empêché le 10 octobre le tribunal de Bastia, qui pour la première fois était amené à examiner la légalité d’un PLU avec les dispositions du PADDUC relatives aux ESA, d’annuler le plan locale d’urbanisme de Propriano. Le tribunal administratif précisant que les dispositions réglementaires du PADDUC reste applicable.

Dans son projet de PLU la municipalité a bien pris la précaution de respecter le nombre d’ESA soit 1621 hectares, en réalité se sont des ESA fictifs, sortis de l’esprit de la municipalité  qui ne respecte pas les critères fixés dans le PADDUC. Or en la matière, le maire doit le savoir, le PLU doit respecter le PADDUC  à moins que l’Etat compte nous rétrocéder l’enclave d’Aspretto pour y installer des agriculteurs. Mais nous ne voyons pas comment cela peut faire partie des ESA. Sur le plan juridique, le PLU doit être compatible avec le PADDUC et la cartographie fixée dans le PADDUC reste applicable comme le tribunal de Bastia le confirme.

En conclusion le PLU ne doit pas être voté.”

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