Le collectif anti-mafia « Maffia Nò! A vita Iè », veut libérer la parole dans toutes les couches de la société corse.

Le collectif anti-mafia « Maffia Nò! A vita Iè », veut libérer la parole dans toutes les couches de la société corse.

25 septembre 2019 0 Par MMS
Partagez cet article :

Léo Battesti et Vincent Carlotti, sont les deux chefs de file de ce collectif qui réunit à cette heure 26 personnes de la société civile, et issues des milieux associatifs, politiques, sportifs ou culturels. C’est mercredi au Best Western, qu’ont eu lieu ce premier rendez-vous et les premiers échanges concernant le sujet de l’emprise mafieuse sur la Corse.

Trois grands axes ont été identifiés par le collectif :

-mobiliser le plus grand nombre de concitoyens

-demander l’engagement des responsables politiques

-mettre l’état en face de ses responsabilités et de ses carences.

Le ton est donné dès les premières phrases : « la Corse subit une emprise mafieuse d’une intensité jamais atteinte dans son histoire. Il est temps de le dire haut et fort sans se réfugier dans l’ambiguïté ou le déni. Continuer de se taire n’est pas responsable

Le collectif a pris l’initiative d’inviter la population à une prise de conscience  des menaces qui compromettent gravement les intérêts collectifs de la société corse et de sa jeunesse.

En premier lieu mobiliser le plus grand nombre possible de concitoyens.

« Isoler culturellement ceux  qui, par leurs méthodes barbares, détruisent impitoyablement les formidables potentiels de notre Territoire. » Le collectif interviendra par la prise de parole, le débat, l’échange, la recherche d’une plus grande expertise du terrain, mais il exprimera aussi sa solidarité avec les victimes qui se taisent par peur ou, parcequ’elles sont isolées.

Les réseaux sociaux du collectif sont déjà actifs, et chacun est invité à s’y inscrire, une adresse mail est aussi disponible: aMaffiaNo@gmail.com

En second lieu l’engagement sans ambigüité de tous les responsables politiques  dans ce combat vital pour le devenir de la Corse.

« Comment envisager un libre épanouissement de notre jeunesse alors que, régulièrement, elle constate l’impunité et la superbe de ceux qui mettent la Corse en coupe réglée ? Comment évoquer un réel développement économiques alors que les menaces, les pressions, les extorsions de fonds s’exercent, de manière désormais systémique, sur ceux qui entreprennent, dès lors qu’ils contrarient certains prédateurs ? »

Comme réponses à ces questions, le collectif veut l’implication des élus, qu’ils se ressaisissent, qu’ils s’expriment et se préservent de tous les lobbys mafieux qui gravitent autour d’eux.

Leo Battesti  s’est dit heureux de l’initiative du président Siméoni  qui demande à ce qu’il y ait une session extraordinaire sur le sujet. « Nous allons donner des éléments de réflexion à travers des expertises que nous pourrons faire et ne pas subir le pathétique échec d’une commission ad hoc créée par une précédente assemblée….»

Enfin, l’interpellation de l’Etat détenteur  qui sera mis sans hésitation  en face de ses responsabilités et ses carences.

« Il est impératif que l’Etat reconnaisse cette emprise mafieuse sur la Corse, et se donne les outils pour la combattre. »Pour le collectif, ce combat doit être une priorité, avec plus de moyens, de cohérence et d’exemplarité dans l’organisation. 

Pourquoi un ministre de l’intérieur silencieux alors qu’il est en possession de toutes les informations qui concernent le sujet ? se demande-t-il.

Le collectif fait force de proposition,  la première, demander au gouvernement  d’inclure dans le code pénal le délit d’association mafieuse, la seconde d’étudier les dispositions qui lui apparaitront les plus efficaces pour mettre les jurés et leurs familles à l’abri des pressions dans les procès mafieux. Un système qui n’est pas sans rappeler la Sicile et ses propres dérives mafieuses.

Le collectif espère une large sensibilisation de la jeunesse, de la part de l’Education nationale, des associations, des familles qui  « doivent inlassablement inviter à respecter autrui tout en encourageant sa créativité. Ainsi seulement pourront-être isolés culturellement et marginalisés ceux qui persisteraient à faire pression sur l’autre. »

Partagez cet article :