L’intersyndicale DGFIP appelle à la grève le lundi 16 septembre

L’intersyndicale DGFIP appelle à la grève le lundi 16 septembre

15 septembre 2019 0 Par MMS
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“L’intersyndicale FO – Solidaires – CGT des Finances publiques de Corse du sud a organisé une conférence de presse à Ajaccio le 13 septembre portant sur les sujets du démantèlement programmé de l’administration des Finances Publique en Corse, et l’accès aux services publics en milieu rural : « annonces en trompe-l’oeil de J. Gourault, ministre de la Cohésion des territoires. »

Accès aux services publics en Corse et restructurations à la DGFIP : La Corse étant spécifique… appliquons les mêmes mesures que sur le continent !

Tel est le constat porté par le syndicat FO-DGFiP 2A suite aux propos tenus par Mme Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, lors de sa venue dans l’île vendredi dernier :

Rappelons tout d’abord que l’administration des finances publiques est encore l’une des administrations les plus présentes sur le département (5 trésoreries en milieu rural, 3 SIP et 3 SIE). Toute réflexion menée sur l’organisation des services de l’Etat dans l’île impacte alors nécessairement la DGFIP.

Tandis qu’au niveau national les projets de restructurations aux finances publiques ont été communiqués dans l’ensemble des départements début juin 2019, l’annonce des projets concernant Paris, les DOM TOM et la Corse est reportée (et non pas “suspendue”) en septembre, déclare la directrice régionale Mme Assouline :

le temps pour le ministre de l’Action et des Comptes publics, G. Darmanin, de prendre en considération les spécificités spécifiques de la Corse“, précise-t-elle.

Vendredi 6 septembre, Mme Gourault a effectué une visite en Corse afin d’élaborer “l’agenda rural” à l’échelle de la Corse avec l’installation d’une mission dédiée à cette tâche.

1er enseignement : Il manque un participant dans cette mission, nous !

Lors des manifestations du début d’année, et en présence de la préfète de Corse et des syndicats, les élus de la CdC avaient évoqué la mise en place d’une “mission ad hoc chargée d’établir un diagnostic de la présence des services de l’Etat dans l’île et de mener une réflexion sur leur réaménagement”, ce qui répondait d’ailleurs à la demande du 1er ministre dans une lettre adressée au préfet de Corse le 22 mai 2018.

7 mois après l’entrevue Syndicats / élus / préfète, il semble que cette mission voit enfin le jour nous annonce Mme Gourault… mais si au printemps les syndicats avaient émis le souhait d’y être associés, apparemment, on nous a oubliés… ou on ne veut pas de nous !

2ème enseignement : C’est très mal parti !

Le 13 février, dans le cadre des “questions orales au Gouvernement”, le député Paul-André Colombani interpellait le 1er ministre :

Les trésoreries menacent de fermer, chez moi, à Levie, à Sartène, dans des zones touchées par la fracture numérique où la numérisation des services publics se révèle être une belle ironie(…)Monsieur le Premier ministre, êtes-vous encore capable de maintenir les services publics dans les territoires ?

Ce à quoi Jacqueline Gourault répondait :

l’État se mobilise pleinement en faveur des territoires ruraux corses, pour y réintroduire les services publics au plus près des habitants et accompagner la collectivité(…)En matière d’accès aux services en Corse, dix-huit projets de maison de services au public sont identifiés.

Depuis, le Gouvernement souhaitant soi-disant « prendre en compte nos spécificités », la venue de Mme Gourault devait donc nous éclairer sur la façon dont il comptait s’y prendre. Malheureusement, à la lecture des interviews accordés par la ministre de la Cohésion des territoires, il s’avère que les propositions avancées par le gouvernement en matière d’organisation des services publics n’a pas évolué d’un iota !

Pour preuve, cet extrait du Corse-Matin du 6 février 20019 :

– journaliste :

“Vous venez parler Agenda rural, vendredi, dans le cadre de votre déplacement dans l’île. Ce sera à Sotta, première étape de la journée. En quoi la Corse serait-elle intéressée par le dispositif ?”

– J. Gourault :

“Elle le sera nécessairement parce que l’île est un territoire spécifique, et que la majorité de ce territoire est rurale. (…) Prenons l’exemple des Maisons France Service, dont la vocation est de simplifier la relation des usagers aux services publics en regroupant notamment ces derniers. Les Maisons peuvent s’incarner de manière itinérante, cela existe déjà en métropole et consiste à passer de village en village pour apporter le service public au plus près des citoyens. C’est là un exemple concret.

Voici donc la réponse du Gouvernement aux spécificités de cette l’île, la région la plus pauvre du territoire national, à la population vieillissante, aux prix à la consommation exorbitants, aux “zones blanches” qui favorisent l’exclusion : des « Maisons France Service » (M.F.S.), éventuellement itinérantes ! Bref, le même dispositif que celui prévu sur le continent, identique à celui annoncé par la ministre en février, et destiné à supprimer les vraies structures existantes et nos emplois !

La non-annonce de Mme Gourault accrédite la thèse selon laquelle la DGFIP va connaitre en Corse le même sort que celui des autres départements : une administration-fantôme à laquelle les usagers ne pourront accéder qu’en attrapant au passage dans leur village la caravane des finances, où un agent polyvalent se chargera de délivrer des formulaires et de faire le facteur pour nos services, mais aussi pour la MSA, Pôle emploi, la CAF, la CPAM, etc ! Il est où le service public de qualité prévu par la Loi Montagne pour notre île ?

Les restructurations des finances publiques en Corse s’appuieront sur ces MFS afin de permettre la suppression des trésoreries encore en place dans le rural (Vico, Sainte-Marie Sicché, Lévie, Sartène et Bonifacio pour la Corse du sud).

Restructurations aux finances publiques : Agents et usagers, tous perdants !

Le retard orchestré dans l’annonce du démantèlement des structures des finances publiques en Corse n’a pour but qu’empêcher la riposte, limiter la pseudo-concertation au cours de laquelle l’administration tentera de berner les élus à coup de “nous serons encore au plus proche des usagers”.

En réalité il ne s’agira à travers ces MFS que de permanences ponctuelles, de passage, d’un service public au rabais noyé sous la multitude des compétences concentrées sur un seul site, où un agent sera censé pouvoir renseigner l’usager et l’accompagner dans ses démarches relatives à la formation, l’emploi, la retraite, la santé, l’état-civil, la famille, la justice, la fiscalité, le logement, la mobilité !!! Aucun agent ne pourra être suffisamment formé pour répondre aux attentes des usagers, à leurs questions souvent complexes comme dans le domaine de la fiscalité !

Ne tombons pas dans le panneau, plus que jamais exprimons notre refus du démantèlement de notre administration.

A l’appel de l’intersyndicale DGFIP au niveau national : tous en grève lundi 16 septembre !

Pour un vrai service de proximité et de qualité : Elus, usagers et agents, tous devant la préfecture à Ajaccio à 10h”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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